Deux siècles de déco couchés sur papier XL

© Giannelli, musée du papier peint, Rixheim
© Giannelli, musée du papier peint, Rixheim
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Deux expositions temporaires viennent créer l’actualité dans le Musée du papier peint de Rixheim pour des promenades à travers un espace où les thèmes et motifs sur simple papier recréent des univers insoupçonnés.
Détail d’un décor de papier peint Manufacture Délicourt, Hoock frères succ., Paris, 1867

Détail d’un décor de papier peint Manufacture Délicourt, Hoock frères succ., Paris, 1867

La Haute-Alsace est l’un des berceaux du papier peint, et ce dès le 18e siècle. Avec une spécialité « de taille », le papier peint panoramique. Ouvert en 1983, le lieu conserve la mémoire d’une industrie toujours bien vivante, une spécialité de Rixheim où les panoramas de papier, peints à la main ou imprimés à la machine, ont fait la réputation de la commune. Ces fresques, qui dressent contre les murs des spectacles faisant illusion, constituent une véritable richesse patrimoniale. Onze de ces œuvres d’art sont présentes dans les espaces d’exposition de façon permanente.

Le musée conserve et expose également un ensemble remarquable de matériels permettant de connaître l’évolution des techniques de fabrication du papier peint de la fin du 18e siècle à nos jours. Particulièrement spectaculaires – car ici le grand format n’est pas un vain mot – les machines à imprimer à 12 et 16 couleurs impressionnent par leurs proportions.
Le musée conserve aussi un échantillon du matériel qui a permis de produire du papier peint à la main ou réalisé à la machine du 17e siècle aux années 1930.
Les visiteurs pourront également se rendre à deux expositions temporaires thématiques apportant des éclairages originaux à l’histoire de cette industrie. D’une part une exposition sur les « Japonismes » (du 22 mars au 30 avril 2014) illustrant l’influence asiatique sur les productions de papier peint en Haute-Alsace. D’autre part une manifestation sur les motifs et matières dans le papier peint du 18e siècle à nos jours (prolongation jusqu’au 16 mars 2014).

Coordonnées

Tél. : 03.88.15.49.00

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© Giannelli, Musée du Papier Peint, Rixheim.

© Giannelli, Musée du Papier Peint, Rixheim.

Autofocus sur l’ancien et du nouveau

L’exposition temporaire « Zoomer / Dézoomer, motifs et matières dans le papier peint, du 18e siècle à nos jours » se propose de mettre en regard papiers peints anciens et contemporains tout en montrant l’évolution des techniques et la similitude des effets. Avancer vers l’œuvre puis reculer, voir de près, juger de loin, fixer le détail, embrasser l’ensemble en un seul regard, ces exercices pourront faire prendre conscience des différents rendus de matière et de la conception des motifs. L’effet du trompe-l’œil se révèle ainsi au gré de ces allers- retours. Les techniques ayant évolué depuis le 18e siècle, quand le papier peint imitait déjà parfaitement les matières textiles.
Au 19e siècle, le papier prend un aspect velouté, gaufré, fixant des motifs plus vrais que nature. Au fur et à mesure se renforce l’illusion de la broderie, du bois ou de la mosaïque jusqu’à ce que l’impression numérique prenne le relais de tous ces procédés pour un nouveau bond vers le mirage le plus parfait.


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Office de tourisme de Mulhouse

Coordonnées

Tél. : 03 89 35 48 48

Le fabuleux destin de Zuber & Cie

La dernière manufacture au monde à utiliser encore, de nos jours, la technique ancestrale d’impression de papier peint dite « à la planche » se trouve à Rixheim, petit village du Haut-Rhin. Le fondateur de l’enseigne, Jean Zuber, d’origine suisse, naît à Mulhouse en 1773. La success story de l’entreprise débute en 1797 avec la création de la manufacture de papiers peints Zuber & Cie. Une fabrique qui produit tout un univers de paysages et de panoramas qui rendront célèbre l’industriel au-delà des frontières. La maison imprime toujours papiers peints, tissus et cuirs avec les planches d’origine classées au titre des monuments historiques. Fidèle en cela à la vocation de son fondateur afin d’apporter dans les intérieurs l’évasion et le rêve, par la grâce du procédé indémodable et toujours aussi inattendu que déconcertant du trompe-l’œil.

Focus

Focus sur l’art du Soleil Levant

Dans le cadre de l’anniversaire des 150 années de relations entre l’Alsace et le Japon, l’exposition « Japonismes, l’Empire du Soleil Levant dans le papier peint de 1860 à nos jours » fait référence à l’ouverture du Japon à l’Occident dès l’année 1854. Le phénomène révolutionnera la vision esthétique de l’époque. A Mulhouse en particulier, où des industriels produiront des textiles aux motifs japonisants. Le public occidental découvrira alors des motifs raffinés venus d’Extrême-Orient : éventails, emblèmes héraldiques, chrysanthèmes, pins, grues, hérons… Le mont Fuji avoisine les pagodes sur les kakemonos, motifs que reprendront les bandes de papier peint de même que le textile ou la céramique. La fameuse manufacture Zuber produira ainsi deux « panoramiques » représentant des paysages japonais, l’un daté de 1861, le second de 1902.