Pierre Gaucher

© Photo Klaus Stöber pour le CEAAC.
© Photo Klaus Stöber pour le CEAAC.
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Il est des métiers que l’on oublie ou qui s’effacent devant les technologies de pointe. Le travail du maître des métaux vient rappeler le mystère et la magie d’un savoir-faire qui se perd dans la nuit des temps.
Portraits de l’artiste. Elaboré, épuré, deux faces en un regard. © Photo Pierre Gaucher.

Portraits de l’artiste. Elaboré, épuré, deux faces en un regard. © Photo Pierre Gaucher.

Le coup de foudre est venu avec la découverte de l’atelier métal de l’école d’art où il a fait son entrée après le bac. Il y régnait une ambiance de forge sombre comme dans un antre souterrain où planent des nuages de fumée. Des effluves d’acide gras, de charbon, d’huile mêlés à de la poussière, le son du métal frappé comme le tonnerre qui éclate au cœur de l’orage, les éclairs lancés par le feu maîtrisé.

 

Le fer le fascine. Il ne sortira de ce repaire que cinq années plus tard, après s’être exercé à toutes les techniques du travail du métal. Le modelé, l’intimité avec le métal enrichiront sa verve créatrice durant les années qui suivront, au cours desquelles il intégrera toutes les techniques industrielles. A l’origine étaient la forge, le marteau, l’enclume, aujourd’hui c’est le laser qui découpe tout, sans exception, en temps réel. Oubliés les mois et les années de labeur, de lutte acharnée avec la matière. Cependant, avec l’apprentissage des débuts, l’épreuve du compagnonnage, un savoir essentiel s’est installé, définitivement, viscéralement.

"L'épouvantail". Acier doux forgé, masque doré. H = 165 cm. 2007. En collaboration avec Nico Chardel. Béville-le-Comte.  © Photo Pierre Gaucher.

« L’épouvantail ». Acier doux forgé, masque doré. H = 165 cm. 2007. En collaboration avec Nico Chardel. Béville-le-Comte. © Photo Pierre Gaucher.

Les mots à coups de marteau

Ferronnier d’art et sculpteur, Pierre Gaucher se perfectionne en Angleterre, Italie, Allemagne, aux USA. Suivent des commandes prestigieuses : grilles monumentales, réalisations pour les collectivités. Puis des commandes de particuliers sous forme de sculptures et d’immobilier. Il expose dans des galeries, donne des conférences sur le métal comme matériau de la réalité ou de l’illusion.

 

 

 

Détail de la grille des Archives Nationales, assemblage de fer plat de 80 x 10. 1987.  © Photo Les Archives Nationales.

Détail de la grille des Archives Nationales, assemblage de fer plat de 80 x 10. 1987.
© Photo Les Archives Nationales.

L’écriture enfin devient le terrain de choix de son expression en tant qu’artiste. Forger des mots n’est plus une simple métaphore. Entre caractères dessinés au laser pour donner un texte tissé à même le fer et plaques de métal écrasées au marteau imprimant les mots sur des plaques de tôle, l’exercice se décline à l’infini.

Une manière pour lui de « lutter contre l’effacement car nous ne pouvons admettre que le combat soit perdu d’avance ».


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