Oberlin, le sage de la vallée

© PS. SPACH/OT Vallée de la Bruche.
© PS. SPACH/OT Vallée de la Bruche.
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Montagneux, verdoyant, ce pays de forêts et d’eaux vives dominé par le Champ du Feu à l’est et par le Donon à l’ouest mérite plus d’un détour. Non seulement pour ses richesses naturelles mais aussi pour l’héritage légué par un grand esprit des Lumières.

Le Ban-de-la-Roche, comté vosgien perdu aux limites occidentales de l’Alsace, fut témoin au 18e siècle d’un itinéraire fabuleux. Un musée est là pour en témoigner.

S’il fut jamais un « honnête homme » en Alsace, au sens où l’entendaient les encyclopédistes du siècle des Lumières, ce fut certainement le pasteur Jean-Frédéric Oberlin, surdoué, généreux, talentueux, « engagé », comme on dit de nos jours, afin de soulager et d’améliorer la condition humaine dans la vallée.

Sa maison devenue aujourd’hui musée nous apporte une certaine « vision du monde » propre à ce savant pragmatique, à cet homme de Dieu non empêtré dans le « sacré ». Il y a deux siècles, il succèdait au pasteur Jean-Georges Stuber qui avait déjà mis en place dans la vallée un système scolaire original. Pour Oberlin, l’apprentissage, l’éducation seront ludiques et pratiques ou ne seront pas. Initiateur d’une « interactivité » avant la lettre, il observe, rassemble, sélectionne, classe les collections figurant désormais dans le musée. Un herbier unique en son genre, des fiches d’apprentissage, des aquarelles, des images par centaines, des objets ingénieux, le pasteur exploite tout un univers pédagogique par lui construit avec patience et minutie. Tout cet attirail qui ferait l’objet d’un interminable inventaire à la Prévert sera mis au service des habitants afin qu’ils puissent écouter, lire, construire, expérimenter, manipuler, raisonner, ressentir, comprendre enfin la complexité du monde.

Oberlin, pédagogue dans l’âme, crée aussi les « poêles à tricoter », des écoles maternelles où les enfants peuvent « apprendre à jouer » ou « jouer à apprendre » sans que l’on fasse la différence entre ces deux manières d’aborder la connaissance à l’aube de la vie. La Maison des enfants ouverte sur le jardin du musée accueille régulièrement les jeunes visiteurs pour leur faire profiter de ses programmes d’animation et de ses activités.

Des carnets qui ne manquent pas de poésie. © Photos R.A.N.

Des carnets qui ne manquent pas de poésie.
© Photos R.A.N.


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Musée Jean-Frédéric Oberlin

Coordonnées

Tél. : 03 88 97 30 27

Découvrez l'herbier du Musée Oberlin en ligne !

De petits jeux pour les enfants, l'exploration des découvertes sur les plantes d'Oberlin pour les adultes.
http://herbier.musee-oberlin.com/

Focus

Regards croisés

Bâtisseur, pharmacien, botaniste, le pasteur sait également former les esprits à une meilleure connaissance de l’autre, jalon incontournable de la « paix sociale ». Son enseignement, toujours expérimental et qui ne doit rien aux vaines spéculations théoriques, trouve une belle illustration avec une pièce maîtresse du musée, le « tableau de la réconciliation ». Ainsi le visiteur découvre-t-il, grâce à des plis en accordéon, une représentation de mésange ou bien de roses selon qu’il se place à gauche ou à droite du tableau.

Moralité : pour comprendre l’autre il faut savoir se mettre à sa place. Au sens propre !