Un bestiaire fabuleux en héritage

bestiaire
A-  |  A+
Qui fait quoi dans cette ménagerie hautement symbolique de Pâques léguée aussi bien par les traditions germaniques que chrétiennes ou judaïques ? Tour de table.
Le lièvre de Pâques (moule à gâteaux) et sa hotte. Coll. Burckel  © Photo R.A.N.

Le lièvre de Pâques (moule à gâteaux) et sa hotte. Coll. Burckel
© Photo R.A.N.

Tendez bien l’oreille !

Le lièvre, personne ne l’ignore ici, donne le ton de la période pascale. C’est la figure la plus abondamment et la plus diversement représentée. L’Alsacien fait bien la différence entre ce dernier, « Feld haas » (lepus vulgaris), et « Kiniele » (cuniculus), le lapin. Par contre, il ne reconnaît qu’un seul lièvre de Pâques (Oschterhaas).

 

Où sont mes œufs ?

La poule et le coq servis en œufs par le lièvre. Coll. Burckel. © Photo R.A.N.

La poule et le coq servis en œufs par le lièvre. Coll. Burckel.
© Photo R.A.N.

Cot cot cot ! La poule côtoie souvent le lièvre dans les représentations folkloriques. Mais comment montrer que les œufs, à l’origine, venaient du… lièvre et non de la poule ? Eh bien on verra le lièvre portant dans sa hotte une bonne charge d’œufs multicolores. Ce n’est qu’après la « ponte » opérée par le léporidé que naîtra… la poule.

Fier et viril, le coq, un symbole de fécondité. Coll. Burckel. © Photo R.A.N.

Fier et viril, le coq, un symbole de fécondité. Coll. Burckel.
© Photo R.A.N.


 

Kikériki ou cocorico ?

En alsacien ou en français, le cri du coq (Hahne) ne laisse pas oublier qui est le chef de la basse-cour. Symbole de richesse et de prospérité, fier et viril, il se retrouve aussi bien sur les springerle (biscuits ornés de dessins en relief) que sur les céramiques de Soufflenheim. Le coq a été choisi comme modèle dans les œuvres de grands artistes alsaciens comme Gustave Brion ou Charles Spindler.

 

Tout doux et tout bon

Moule sorti des ateliers de Soufflenheim pour la confection du Lammele. © Photo R.A.N.

Moule sorti des ateliers de Soufflenheim pour la confection du Lammele.
© Photo R.A.N.

L’agneau (Lammele) est un symbole fort de Pâques présent autant dans la religion juive que dans la religion chrétienne. Dans la tradition judaïque, il évoque le départ d’Egypte et la traversée de la Mer Rouge tandis que le christianisme y voit une représentation du Christ (l’Agneau de Dieu), dont le sacrifice a pour objet le rachat de l’humanité. Les deux religions le consomment en mémoire de ces périodes marquantes de la foi.

La pâtisserie alsacienne quant à elle confectionne un biscuit en forme d’agneau (Osterlammele) à partir d’une pâte de type génoise saupoudrée de sucre glace. Un délice total décoré d’un étendard écarlate aux couleurs de la région.

 

Petit moule à gâteau en bois en forme de poisson. © Photo musées de Strasbourg. Mathieu Bertola.

Petit moule à gâteau en bois en forme de poisson.
© Photo musées de Strasbourg. Mathieu Bertola.

Miracles au fil de l’eau

Autre symbole christique, le poisson a servi de signe de ralliement aux tout premiers chrétiens. Le vocable grec IXTUS qui le désigne fut en réalité un pictogramme permettant de nommer en secret le fils de Dieu : Iessous (Jésus), Kristos (Christ), Theou (Dieu), Uios (Fils du), Soter (Sauveur).

 

Moule à gâteau en forme d’écrevisse en cuivre. © Photo musées de Strasbourg. Mathieu Bertola.

Moule à gâteau en forme d’écrevisse en cuivre.
© Photo musées de Strasbourg. Mathieu Bertola.

Marche arrière toute !

Crustacé aux mœurs étranges, animal lunaire comme le lièvre, l’écrevisse, qui vit cachée dans l’obscurité, change rapidement de carapace, régénère un membre cassé en moins de deux, pond par ses pattes et nage à reculons. Un symbole de fécondité illustrant les forces primitives qui nous habitent.

Calendrier des manifestations Pâques 2014